Brothers & Sisters (4×14)

2 février 2010 - Laissez un Message

Brothers & Sisters (4×14) The Pasadena Primary - Comment regarder Kitty et Robert sans désormais penser à Calista Flockhart et Rob Lowe, l’une prête à s’effacer la saison prochaine et l’autre sur le point de rompre son contrat sans renégociations possibles ? Comment apprécier le bonheur du plus vieux des couples de Brothers & Sisters sans garder à l’esprit qu’ils courent, de toute façon, à l’échec ? Comment s’enthousiasmer pour l’ambition de Kitty quand on sait qu’on ne la verra pas pratiquer la politique avec un temps d’antenne à sa hauteur ? Dur de laver sa mémoire de toutes ces considérations de casting avant de visionner un nouvel épisode – en espérant que la mauvaise impression de devoir faire le deuil d’une alchimie parfaite entre deux acteurs admirables s’effacera avec l’oeuvre du temps (ce n’est pas gagné).

The Pasadena Primary était une bonne idée ; un délire familial comme on en retrouve beaucoup chez les Walker – on rit d’ailleurs beaucoup cette semaine. Les membres de la famille sont en grande forme et les bonnes répliques fusent même si l’intrigue a surtout le mérite de réunir deux duos qui ont toujours fonctionné : Kitty & Kevin, Nora & Robert. Les premiers sont touchants tant ils sont bons frères et soeurs ; les deuxièmes sont surtout drôles puisque, pour une fois, l’homme politique court après une Nora peu encline à s’exprimer, un comble qui s’achève évidemment sur une jolie touche d’instinct maternel.

Kevin Walker (Matthew Rhys) & Scotty Wandell (Luke MacFarlane)

On ne la voit pas arriver, pourtant c’est bien Holly qui nous offre du dramatique aujourd’hui. Le problème s’installe lentement, la Dame aimerait prendre le risque de ne pas vendre ses parts, son conjoint aimerait passer avant Ojaï ; Holly revoit l’homme intéressé par le rachat et, contre toute attente, se voit proposer de la prostitution, « comme au temps de William » dit le Monsieur. La mère de Rebecca revient chez elle et pleure – par culpabilité d’être passée à l’action ou par honte de s’être fait considérer de la sorte ? Curieux moment pendant lequel le spectateur ne sait pas quoi penser. Cerise sur gâteau, David la rejoint, s’excuse de ne pas l’avoir encouragée et termine sur une demande au mariage qu’elle accepte avec le sourire … Qui a dit glauque ?

Accessoirement, Sarah pousse son nouveau Jules à avoir du sex avec elle et se trouve assez déçue du résultat, le courant n’étant pas passé comme elle l’aurait espéré – sachant que, dans le même temps, dans le même lit, Luc lui avoue, par SMS – le romantisme français, – qu’elle lui manque. L’intrigue passe bien puisque, finalement, Sarah passe plus de temps à en discuter/rire avec ses frères et soeurs qu’à en débattre avec son amoureux ; un bon moment. Toujours sur cette idée, l’épisode joue définitivement la carte de l’érotisme puisqu’à la fois Rob Lowe et Luke MacFarlane apparaissent torse-nu. (…)

[3/4]

Lost : Saison 5, season final.

1 février 2010 - Laissez un Message

Lost (5×16-17) The Incident - Dès son introduction le final fait son effet : la statue nous apparaît droite, sur ses deux pieds, tandis que la partie de Baggamon est enfin incarnée par Jacob et son Ennemi, un conflit dont l’île semble être le plateau de jeu – et nos naufragés les pions ? – depuis toujours.

En parallèle des intrigues que l’on connaît (Jack & Co. occupés à changer le cours des choses ; Locke & Co. sur la plage, au présent) les flashback, cette fois-ci, sont consacrés à celui dont le passé dépasse le commun puisqu’omniscient Jacob fait une apparition dans la mémoire de chacun de nos Losties. L’homme en blanc les auraient donc soigneusement choisis et poussés à devenir ce qu’ils sont devenus avant même le crash du vol 815. Dans quel but ; où voulait-t-il en venir ? Tout porte à croire que le Black Rock était composé d’un équipage tout aussi particulier, ce que désapprouverais l’homme en noir, apparemment convaincu de la nature mauvaise des humains de ce monde, bien décidé à faire tuer Jacob de la main de l’Homme et prouver qu’il a tort à ce dernier.

Jacob (Mark Pellegrino)

Comme si le carré d’amoureux prenait, aujourd’hui, tout son sens, en 1977, Jack prêt à faire exploser l’île pour remettre les compteurs à zéro et, d’un autre côté, James/Juliet/Kate heureux dans cet univers, soucieux du nombre de vies en jeu dans cette histoire, la confrontation se joue avant tout sur les sentiments de chacun, le regard de Sawyer sur Kate notamment, Juliet, spectatrice de son abandon, devenant véritable actrice aux côtés de Jack, un changement d’avis décisif (que Jacob avait prévu ?) dans la résolution du conflit et la conclusion de l’épisode. L’intrigue a d’autant plus de mérite qu’elle offre une scène où Jack et James se mettent sur la gueule tout ce qu’ils avaient pu retenir contre l’autre depuis le 22 septembre 2004, une scène mémorable, point culminant de cette relation à l’histoire chargée d’intensité.

Entre parenthèses, leur périple sera aussi l’occasion de croiser Rose et Bernard, le plus sympathique des couples, profitant maintenant de leur retraite, le plus simplement du monde, à l’abri des conflits et des questions que, sans cesse, les autres naufragés se posent – comme les téléspectateurs : une goutte de simplicité bienvenue dans un océan de complexité où s’entremêlent les problématiques existentielles, temporelles et spatiales. Peut-être même la résolution d’un des plus vieux mystères de la série, celui d’Adam et Eve, la pierre blanche et la pierre noire (même si la manière dont les voyages dans le temps sont gérés laisse penser que cette explication reste bancale).

John Locke (Terry O'Quinn)

Sur l’idée du destin toujours, comme pour les amoureux, la chute d’un Ben accablé dévoile enfin sa raison d’être – et sa cause ? – puisque, soumis à Locke (depuis sa rencontre avec la fumée noire – l’homme en noir ?), il n’a pas d’autre choix que de respecter l’ordre qu’on lui a donné : tuer Jacob. Est-ce vraiment l’ordre de John ? Non, Locke est bel et bien mort, Ilana le prouve en rapportant son corps à Richard Alpert ; l’imposteur dans la peau du leader des Autres se révèle être l’homme en noir, ennemi de Jacob – peut-être même était-il derrière les apparitions de Christian Shephard & Co.

Enfin, arrivent les cinq dernières minutes et un cliffhanger digne de la série, c’est-à-dire qui vous laisse sans voix, avec bien des questions. Jacob est tué par son Ennemi de la main d’un Ben souffrant du peu de considération que son « maître » lui aura donné ; Juliet fait ses adieux à James d’une manière déchirante qui nous fera à jamais regretter Elisabeth Mitchell. Jusque là, le Mal semble l’avoir emporté ; puis la bombe explose, LOST apparaît sur fond blanc. Jack a-t-il changé le cours des choses ? Jacob revient-il à la vie, comme Boone, Charlie, Mr. Eko, Libby, etc. ? Le destin va-t-il les rattraper alors ? …

[4/4]

Jack : « See ya in Los Angeles. »

Post-it : les liens du Dimanche.

1 février 2010 - Laissez un Message

:: Après 4 saisons, Ugly Betty tire (enfin) sa révérence. (Lien)

:: A J-1, un dossier sur les Unanswered Questions de Lost. (Lien)

:: Des images inédites de Lost dans la nouvelle promo d’ABC (Lien)

John Locke (Terry O'Quinn) - Lost

:: L’Hebdo Series n°16 : News, tendance, House, etc. (Lien)

:: Après NBC et HBO, c’est au tour de Showtime pour le Coming-Next (Lien)

:: Tueurs En Séries : les plus gros WTF de Lost, etc. (Lien)

Jack Shephard (Matthew Fox) - Lost

Jack Shephard (Matthew Fox) - Lost

:: Une Lost Week intéressante à lire sur ce blog. (Lien)

:: Spin-Off #10 de Season1 : 24, les cliffhanger, etc. (Lien)

:: La distribution des Directors Guild Awards 2010. (Lien)

Damages : Season premiere.

29 janvier 2010 - Laissez un Message

Damages (3×01) Your Secrets Are Safe - Le pilot de Damages avait ses qualités : la subtilité de l’action, l’efficacité du flashforward notamment. La deuxième saison avait ses défauts : l’affaire moins prenante – trop élitiste, trop alambiquée – le flashforward moins bien géré – l’accent toujours plus ou moins mis sur la même scène, en boucle. Vous rêvez d’un monde où les scénaristes peuvent prendre conscience de leurs erreurs et rectifier le tir à l’avenir ? Soyez heureux, vous y vivez. Plus simple mais plus jouissive, la grande série qu’était Damages fait son retour en grande forme.

Patty Hewes (Glenn Close)

Sans détours inutiles, ni complications prétentieuses, l’affaire de la saison nous est présentée sous son meilleur jour, s’inspirant de l’actualité – Patty réquisitionnée par l’Etat pour faire tomber un Bernard Maddof rebaptisé Louis Tobin – comptant sur le jeu d’excellents acteurs, à commencer par Lily Tomlin (Desperate Housewives), une grande fumeuse à la hauteur de Glenn Close, Campbell Scott, dans la peau d’un fils rattrapé par les agissements de son mystérieux père, puis Martin Short, ou Leonard Winstone, l’avocat de la famille, en retrait mais sûrement près à mordre sans pitié.

Après s’être éternisé dans l’appartement d’Ellen en saison 2, le flashforward (re)goûte aux joies du déplacement puisque « l’accident » de voiture dont Patty est victime (6 mois plus tard) ne sera qu’une poussée à l’origine d’une majestueuse tombée de dominos, jusqu’au point culminant, la révélation d’une mort, admirable coup de poignard dans le casting originel. Une véritable enquête parallèle qui joue avec le téléspectateur, confrontant un présent stable, à la limite de l’idéal, avec son avenir, à l’opposé ; y ajoutant des sources de questions plus que de réponses, la présence d’un dragueur intriguant (Julian Decker, joué par Keith Carradine), celle d’une petite Statue de la Liberté dans la voiture qui percutera Patty, celle du sac d’Ellen non loin du mort, etc.

Ellen Parsons (Rose Byrne)

Un peu moins d’un an après leur séparation, la psychologie reste au centre des confrontations Patty Hewes/Ellen Parsons quand, enfin, elles se retrouvent, la grande avocate poussée par instinct (presque maladivement) à obtenir ce qu’elle veut par la manipulation, même quand il s’agit de récupérer une amie, sa protégée la plus brillante – en qui elle semble toujours voir la fille qu’elle a perdu, il y a des années. Une relation à l’écriture brillante, dont les travers promettent un approfondissement passionnant.

La note parfaite, pour un épisode qui ne l’est pas, peut paraître excessive, sa justification tenant à un syllogisme que tout le monde ne soutiendra pas : avec un retour aux sources, une ambiance digne de la première saison, des erreurs intelligemment corrigées, des mécanismes réemployés avec efficacité, Your Secrets Are Safe a la qualité du pilot à l’origine d’une saison 1 mémorable – pouvait-on espérer meilleur départ ?

[4/4]

Pilots : Life Unexpected, The Deep End.

24 janvier 2010 - Laissez un Message

Life Unexpected (1×01) Pilot [3/4] Attendue comme le retour de la simplicité sur les grilles de la CW, Life UneXpected mérite sûrement l’engouement qu’elle peut susciter, bonne petite tranche d’une vie difficile d’adolescente optimiste et mature : Lux, jouée par Brittany Robertson.

Abandonnée à la naissance par une mère enceinte à son Bal de promo, Lux traîne ses bagages et sa répartie de familles d’accueil en familles d’accueil jusqu’au jour où elle prend la décision de s’émanciper, formalité qui nécessite la signature de ses parents biologiques : Cate et Baze, respectivement Shiri Appleby (Roswell, Urgences) et Kristoffer Polaha (Tru Calling, Mad Men).

Lux (Brittany Robertson) - Life Unexpected

La suite reste très attendue, le développement évident et la démarche parfois facile, pourtant les rencontres fonctionnent : la sincérité des interactions a le don d’attendrir sans artifices, sans exagérations. Le pilot profite de multiples bons moments, dans l’émotion comme dans l’humour. Mais le premier épisode de Life Unexpected ne devrait-il pas se contenter d’être un téléfilm aussi court qu’agréable ? C’est la question qu’on est en droit de se poser tant le second plan – ce qui sera développer dans les épisodes à venir (la relation entre ces parents séparés ; le mariage de la mère) – ne semble pas faire dans l’originalité. Le doute est permis même si, de toute façon, le rendez-vous est pris.

The Deep End (1×01) Pilot [1/4] N’est pas Shonda Rhimes qui veut. Placer 5 jeunes en chaleur dans une entreprise (en l’occurrence, un cabinet d’avocat) ne suffit pas, il faut savoir écrire leurs relations avec logique et subtilité. Ici, en une quarantaine de minutes, ceux qui ne se connaissaient pas hier réussissent l’improbable : une succession de regards amoureux sans aucun sens, les dragues et relations qui s’entrecroisent déjà comme si 2 ans s’étaient écoulés.

Dylan Hewitt (Matt Long) - The Deep End

Le réalisme barré d’un seul trait, il ne faudra pas compter sur un second degré pour profiter du moment, ces avocats, aussi égocentriques que prétentieux, courants de conflits en affrontements, comme obsédés par leur fierté, incapables de gentillesse gratuite ou d’altruisme tout simplement – oui, les caricatures sont de sortie. Un point pour la tentative, parce que fondamentalement remaniée la série pourrait susciter l’intérêt ; un seul point parce que, tel quel, rien ne retient l’attention dans le pilot de The Deep End.

Post-It : les liens du Dimanche.

24 janvier 2010 - Laissez un Message

:: Après Brothers & Sisters, Grey’s Anatomy joue la carte du flashback. (Lien)

:: Création de fan : Le crash du vol 815 de Lost version 24h chrono. (Lien)

:: Comme chaque semaine, le nouvel Hebdo Serie : Golden Globes, etc. (Lien)

Don Draper (Jon Hamm) - Mad Men

:: Nouvel épisode des Tueurs En Séries : Torchwood US, Damages, etc. (Lien)

:: Cette semaine, le podcast de Season1 est consacré à Pigalle, la nuit. (Lien)

:: Les résultats des Golden Globes (séries) commentés par P. Langlais. (Lien)

Dexter Morgan (Michael C. Hall) - Dexter

:: La saison des pilotes a commencé : un bref aperçu. (Lien)

:: Le pilot de Spartacus à visionner gratuitement, même en France. (Lien)

:: Le Coming-Next continue sur DNES : cette semaine, HBO. (Lien)

Edito : Does it ring a Bell ?

23 janvier 2010 - Laissez un Message

Spotted. Dimanche soir dernier, comme chacun le sait, se tenait la cérémonie des Golden Globe Awards à Los Angeles, une remise de prix qui s’intéressent au Cinéma comme aux Séries TV, une soirée qui convie ceux qui défileront sur la scène, récompensés, comme ceux qui se contenteront d’un tapis rouge, exposés telles des reliques, objets de souvenirs – elle était l’une d’entre eux. Comparée depuis peu à une Brittany Robertson, nouvelle héroïne de la CW avec Life UneXpected, Kristen Bell, si elle n’enchaîne pas les apparitions mémorables, reste une jeune actrice dont on ne voudrait jamais se détacher.

Admirable Veronica Mars, on imagine difficilement ce qu’aurait été la série sans Kristen, ce que serait devenue l’actrice sans la série. Lycéenne en marge, mature, au sens de la répartie Buffyien, l’apprentie détective aura su rendre ses enquêtes dynamiques, comiques et esthétiques – le doux visage le belle blonde ne pouvant laisser indifférent. Une série qui s’arrêtera au terme de 3 saisons, faute d’audience, mais un rôle titre qui offrira, à la jeune actrice, le soutient de la critique, en plus d’une base de fans dévoués – en témoignent les nombreux Mars envoyés aux bureaux de la CW.

Véritable atout chez les Heroes, Elle – jeune fille complexe, à la fois peste et trop peu sûre d’elle – finira noyée par la médiocrité des intrigues dans lesquelles on l’aura plongée. Après un retour raté dans le monde des Séries, on ne se contentera plus que de sa voix, dans Gossip Girl (accessoirement, les deux volets du jeu-vidéo Assassin’s Creed ou l’adaptation d’Astro Boy), série qu’une minorité suit probablement pour le simple plaisir d’entendre la Kristen Bell qui leur manque jouer les Mary-Alice Young.

Kristen Bell

Au Cinéma, l’accueil n’est pas à la mesure du charisme ; au centre de Sans Sarah rien ne va (Forgetting Sarah Marshall, en VO), l’actrice n’est pas mise en valeur pour autant. En 2010, il s’agira alors de découvrir When in Rome avec Josh Duhamel et Lee Pace (Pushing Diaisies), une énième comédie romantique prévue pour la fin Janvier ; You again, la prochaine comédie Disney avec Kristin Chenoweth (Pushing Daisies) ; ou encore, Burlesque, un projet de comédie musicale intéressant, avec, entre autres, Cher, Christina Aguilera et Erica Dane (Grey’s Anatomy).

Là où Kristen Bell vit le mieux c’est encore chez les fantasmes de chacun puisque beaucoup s’amusent à l’imaginer dans des rôles, que ce soit pour incarner une Harley Quinn aux côtés de Christian Bale ou, plus simplement, Veronica Mars dans une adaptation cinématographique qui ne verra probablement jamais le jour malgré ce que souhaiterait l’actrice elle-même, toujours attachée au rôle auquel elle doit sa renommée, avec simplicité.

PRECEDEMMENT DANS INTERLIGNES …

CRITIQUES :

Grey’s Anatomy (6×11) Blink [2/4]

Private Practice (3×11) Another Second Chance [4/4]

Brothers & Sisters (4×13) Run Baby Run [3/4]

Fringe (2×11) Unerthead [2/4]

Fringe (2×12) Johari Window [2/4]

Grey’s Anatomy (6×12) I Like You So Much Better When You’re Naked [3/4]

Durham County : Pilot. [4/4]

+ Post-It : les liens du Dimanche.

Grey’s Anatomy (6×12)

23 janvier 2010 - Une Réponse

Grey’s Anatomy (6×12) I Like You So Much Better When You’re Naked - Cette semaine, avec la pluie tombe un autre problème sur le Seattle Grace Hospital : un dilemme qui remet, dans chaque cas, l’amour en jeu. L’idée peut donner un mauvais a priori, par peur de tomber dans la niaiserie ou la facilité, pourtant la conclusion est bonne, les scénaristes ont su étonner, dans chacun des choix traités, notamment dans leur solution.

Cristina/Teddy/Owen : Continuité logique du cliffhanger de la semaine dernière, Cristina réfléchit à ses priorités, à savoir si elle préfère exercer sa passion ou être en couple, autrement dit si elle est prête à échanger Owen contre un Dieu de la cardio. Très vite, on se rend compte que Cristina, malgré l’âge, est restée la même – et ce n’est pas un mal – transcendée par l’idée de tenir un coeur entre ses mains, prête à tout pour profiter au mieux de sa carrière quelqu’en soit le prix. Izzie de retour, il était intelligent de les confronter, comme au bon vieux temps, sur leur vision opposée des priorités (accessoirement, ça permettait de replacer Stevens dans son univers, un contexte psychologique intéressant – enfin).

Essuyant les débats et les réflexions, elle ose affirmer à Teddy qu’à choisir elle prendrait la carrière plutôt qu’Owen, ce que la cardiologue ira répéter au principal intéressé, l’alcool aidant. Là où on pouvait voir arriver une rupture enragée survient pourtant l’impensable puisque le couple n’en ressort que plus fort, Owen poussé par l’amour, convaincu qu’il peut changer Cristina, lui ouvrir les yeux sur l’importance des liens qui peuvent l’unir à l’Homme. C’est une conclusion touchante, finalement pas si étonnante que ça quand on repense aux prémices de leur histoire qui promettaient déjà une union belle et solide.

Teddy Altman (Kim Raver)

Meredith/Derek : De ce côté des twisted sisters, comme la semaine passée, le conflit tourne autour du Chef. Derek au courant de son alcoolisme n’a plus qu’une chose en tête : balancer la nouvelle au Conseil, éjecter Richard et s’asseoir dans le fauteuil, l’air triomphant, le poil brillant, la conscience tranquille ; Meredith, persuadée que ce problème de boisson est résolu – et probablement poussée par l’idée de profiter du Chef – invoque le Post-it, le Mariage, l’Amour, pour empêcher McAss de commettre l’irréparable. Le Derek, tiraillé entre ses responsabilités et la faveur faite à sa femme, saura finalement profiter du retour d’Izzie avec une malice qu’on ne lui connaît pas.

Refusée pour son passé dans divers autres hôpitaux, Stevens est au pied du mur et Meredith le sait bien, l’occasion parfaite pour faire chanter cette dernière : si Derek devient Chef, il promet d’engager leur amie – Grey cède, le Chef est mort, vive Derek ?

Izzie/Alex : L’affrontement a enfin lieu ; Katherine Heigl nous fait l’honneur de sa présence et – si le personnage (et/ou l’actrice) a pu perdre en capital sympathie ces derniers mois – c’est une dose d’Izzie bienvenue. Au chômage, en face d’un mari qui l’a trompé, la rescapée d’un cancer incurable (…) reste optimiste, persuadée qu’elle saura bientôt reprendre sa vie en main ; après tout, Alex semble lui pardonner son absence, ils réapprennent à se côtoyer, se toucher et discuter de manière simple, rapide mais logique.

Confrontée à l’idée qu’elle pourrait être embauchée loin d’Alex, les choses s’enchaînent finalement trop vite pour qu’elle prenne le temps de faire son choix : au même moment, Karev la quitte et Derek l’embauche. Le bouquet final prend le spectateur à contre-pied, en présence d’Izzie on retrouve un Alex aux gestes doux et aux pensées altruistes, celui qui pourrait être le meilleur des pères, il remercie sa femme de l’avoir rendu meilleur, tellement meilleur que celle-ci ne le mériterait plus. Malgré l’offre d’emploi, Izzie boucle ses bagages et nous prépare à un nouveau départ, persuadée que rien ne la retient à Seattle – comme rien ne retient Heigl à Grey’s Anatomy ?

Izzie Stevens (Katherine Heigl)

En parallèle, Callie attrape la varicelle : une intrigue drôle et sympathique qui profite surtout de l’alchimie entre Arizona et sa copine, puis Mark et sa meilleure amie. Lexie, elle, détend l’atmosphère, de sa première scène à l’avant-dernière, avec une efficacité qui rend le personnage de plus en plus indispensable. En ce qui concerne sa dernière apparition, confrontée à Mark dans une scène où ils avouent chacun avoir couché ailleurs, le constat ne se veut pas si évident : le chirurgien plasticien considère qu’il avait une excuse contrairement à Lexie qu’il ne pardonne pas. Ca peut se comprendre, ou pas.

[3/4]

Fringe (11-12) ; Brothers & Sisters (13)

21 janvier 2010 - Une Réponse

Fringe (2×11) Unearthed [2/4] Peut-on réellement lui donner le statut d’épisode de la saison 2 ? Telle est la question. Inédit de la saison 1, finalement déprogrammé par FX, puis déplacé à aujourd’hui, on aperçoit, dans cette parenthèse qui n’avait finalement d’intérêt ni dans la première ni dans la deuxième saison : Charlie, une Olivia en pleine forme, un Walter un peu moins torturé, un Peter un peu plus sceptique et effacé – bref. Côté mythologie, pas l’ombre d’un indice à l’horizon ; côté enquête, le développement de la trame est classique, l’épisode a son lot de rebondissements, sa dose de science-fiction et ses petits « à-côtés » puisqu’on traite vaguement de la foi et d’une hypothétique relation amoureuse entre nos protagonistes. Divertissant ; pas intéressant pour autant.

Fringe (2×12) Johari Window [2/4] Episode correctement placée sur le calendrier, contrairement au précédent, on pourrait pourtant lui reprocher les mêmes défauts : à savoir que l’enquête tient la route, surprend et divertit mais pèche par son nombre restreint « d’à-côtés, » la mythologie encore une fois absente et l’intérêt limité. La sympathique Astrid s’impose toujours un peu plus, Peter tue pour la première fois (lui qui semblait avoir fait l’expérience de tout, en saison 1), Broyles a bon coeur – ça ne va pas révolutionner le show. L’enquête a le mérite de capter l’attention et plaire par son contexte : une ville brumeuse en proie à des attaques de monstres humanoïdes. Divertissant ; pas intéressant pour autant (bis).

Walter Bishop (John Noble)

Brothers & Sisters (4×13) Run Baby Run [3/4] Si on devait schématiser, au milieu des ratés, il y aurait deux types d’épisodes chez Brothers & Sisters : ceux qui réussissent à nous toucher, jouant sur l’émotion – la storyline du cancer en a donné de bons exemples – et ceux qui ont le mérite de nous accueillir, modestement, à la grande et dynamique tablée des Walker – comme cette semaine.

Après un épisode plutôt creux la dernière fois, nos Frères & Soeurs passent la vitesse et laissent deviner de quoi le futur sera fait : Roy assiste à son premier repas de famille, en profite pour s’intégrer parfaitement au casting et entamer une relation plus posée avec l’aînée ; Robert quitte la politique, Kitty y plonge pour redevenir la working-girl qu’elle n’est plus depuis quelques saisons, en espérant ne pas voir le couple tourner en rond ; Kevin, toujours obsédé, agace, on lui pardonne grâce à cette scène face à Kitty ; Nora fait son come-back à Ojaï – c’est Holly qui va être contente … Le tout concentré dans le même salon, avec une cancéreuse en rémission qui parle de la vie, les plus âgés qui se chamaillent, les regards tendres d’une Sarah sous le charme et l’humour du beau-frère ; on attend qu’une seule chose : la prochaine invitation.

Durham County : Pilot.

21 janvier 2010 - Une Réponse

Vous connaissez probablement cette impression que vous donne les films d’horreur, celle que vous n’êtes pas seul, qu’un cagoulé sanguinaire se cache derrière la porte de la salle-de-bain, attend que votre pied dépasse de la couverture pour vous le saisir ; c’est l’impression que laisse le pilot de Durham County. Pour un cocktail de paranoïa, d’anxiété et de divertissement cette série canadienne (anglophone), vous en offre un bon depuis 2007.

Mike Sweeney (Hugh Dillon)

Hysteria Lane

Certains se souviennent peut-être du thème principal de Desperate Housewives, du temps où la série ne se contentait pas d’une succession de sketchs sans saveur : à savoir l’hypocrisie entre voisines. Dans une ambiance moins chaleureuse qu’à Wisteria Lane, où les pelouses verdoient toute l’année durant, sous un ciel sans nuages, au Comté de Durham la famille d’en face cache ses secrets dans une atmosphère des plus pesantes avec ce qu’il faut de regards, de dialogues gênants et de terreur surprenante, dans une ville grise et humide, comme morte-vivante.

Le paysage, avec ses lignes haute-tension, son ciel noyé de pluie, n’a rien d’une carte postale, pourtant c’est à Durham County, sa ville natale, que le Détective Mike Sweeney, touché par la mort de son coéquipier, vient à emménager, accompagné de sa femme, traitée pour un cancer du sein, et ses deux filles, l’une adolescente, l’autre plus jeune, constamment masquée d’un visage manga à vous donner des frissons. C’est dès leur installation que l’enquête la plus officieuse s’engage puisque des soupçons naissent chez l’arrivant : et si son voisin d’en face, Ray Prager, était un serial killer ? La psychose peut commencer.

Réunis – autour d’un barbecue, par exemple – chacun se méfie mais ne dit mot ; on croit comprendre des sous-entendus, on pense capter un regard expressif, on s’imagine qu’un simple geste n’est pas anodin sans jamais pouvoir être certain d’avoir discerné la vérité parmi ces faux-semblants – sans aucun doute un travail d’acteur méritant.

Ray Prager (Justin Louis)

And a body, dead, wrapped in plastic.

Dans leur intimité, en parallèle, chacun laisse ses pulsions oeuvrer : le voisin apparaît dément et au calme de l’inquiétude succède la réalité des atrocités qu’il aime commettre – scènes qui mettent en scène des corps morts et agressés mais ne virent pas dans le gore pour autant.

Des moments de répits, vous n’en aurez pas. Quand l’attention ne se porte pas sur les meurtres elle s’attarde au mal être de chacun : du regard de l’entourage sur ce cancer du sein ; des angoisses timides de la petite dernière ; de l’amourette précipitée de cette adolescente ; de la vengeance du Détective sur son coéquipier. Une constellation de soucis qui gravite autour d’un quartier avec homogénéité, bénéficiant d’un traitement réellement captivant, la présence du psychopathe pesant, la paranoïa du spectateur s’infiltrant dans chaque intrigue : et si elle se suicidait, et si elle se faisait tuer, et si c’était un tueur, et si s’en était un lui aussi ?

Durham County a le génie d’empoisonner les sens, le confort du spectateur et la confiance qu’il peut miser en des héros par la simple mais angoissante présence d’un père de famille sanguinaire dont le mal devient commun et la folie facilement contagieuse.

[4/4]

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